dimanche 12 juin 2016

Xi'an

Je pense que beaucoup de touristes passent par Xi’an uniquement pour aller voir l’Armée des soldats de terre, mais la ville mérite vraiment qu’on y passe un peu de temps.

Quelques monuments sont à voir telle que la Tour de la Cloche qui sert maintenant de rond-point.


Mais plus particulièrement, le quartier musulman vaut le détour. C’est très vivant. La viande est découpée directement dans la rue.


Les stands de nourriture ne manquent pas, et comme on est quand même en Chine, les rues sont bardées d’enseignes à néons.






Sans oublier le marché où on a essayé de me vendre un coupe-ongles...improbable.


En s’enfonçant un peu plus dans le quartier on accède à la Grande Mosquée qui se trouve être l’une des plus grande du pays.


Ce qui est étonnant c’est qu’elle mêle les styles chinois et musulmans.


Le minaret centrale est déguisé en pagode.


Enfin, le point phare de la ville, les remparts. On y accède par une des quatre portes (Nord, Est, Sud ou Ouest).


A l’inverse de la Muraille de Chine, cette fois je comprends l’utilité de ce mur. Il est réellement fortifié, très haut et paraît vraiment infranchissable.



Les remparts font tout le tour du centre-ville. Une fois dessus on se sent un peu à l’écart de l’agitation de la ville. Étant donné que c’est assez grand, il nous est proposé  de louer des vélos pour faire le tour. Comme je n’envisage que de faire la moitié et que de toute façon je suis plus fort que tout le monde...je pars à pieds.


Au début c’est très sympa, très reposant. Surtout qu’une petite musique zen est diffusée tout le long de la balade. J’aime bien.



Sauf qu’au fur et à mesure, cette musique devient très répétitive, et à l’image de l’attraction des Poupées à Disneyland, on en peut plus ! Et puis en marchant je me rends compte que c’est réellement très long, vraiment très très long. En fait c’est trop long ! Je commence à comprendre pourquoi on loue des vélos ici.


Le problème c’est qu’il n’y a que quatre sorties possibles. Et me voilà partis de nouveau pour un trek de 8 jours, j’ai l’impression de ne faire que ça. Bon, au final je rejoins la porte initialement visée à coup de pauses assis sur un banc, en essayant chaque fois de garder ma dignité face à tous ces cyclistes. J’ai beaucoup trop marché mais ça en valait la peine car le site est quand même particulièrement joli.


Xi’an n’est donc pas juste une étape. Et pour information elle fut la capitale de la Chine, ainsi que le point de départ pour la route de la soie.


Xi'an - L'armée des soldats de terre

L’Armée des soldats de terre à côté de Xi’an, un autre des points majeurs de mon itinéraire. Le site s’atteint en une trentaine de minutes de bus. La découverte a été faite par un jeune fermier qui cherchait de l’eau. En creusant un puit il est tombé sur une cave renfermant des restes de soldats en terre. Après cette découverte, des fouilles ont débuté et des milliers d’autres soldats on été découverts. Aujourd’hui encore, les fouilles continuent, et on estime que des centaines d’autres soldats attendent d’être trouvés.

Il est difficile de dire pourquoi ces soldats ont été créés. Mais la théorie la plus probable serait que l’Empereur, ne sachant pas ce qui l’attendait après la mort, voulait que ces soldats l’accompagnent pour assurer sa protection...et tout le monde trouve ça normal.

Le site est composé de trois zones (en fait de grands hangars). Il n’y a pas d’ordre, je commence par le plus petit pour finir par le plus impressionnant.


Dans le premier hangar que je visite, on comprend comment ces soldats sont restés cachés si longtemps. Ils étaient en fait abrités sous un toit qui s’est effondré avec le temps. Les « vagues » que l’on voit sont en fait les poutres en bois qui supportaient le toit. Puis des coulées de boue sont venues finir le travail d’ensevelissement.

Une fois les restes de poutres enlevés, les soldats refont surface. Pour beaucoup, en morceaux.


J’ai la chance d’arriver au moment où des soldats sont dégagés, ce qui est exceptionnel car normalement les personnes chargées de ce travail ne font ça que la nuit.


Un peu plus loin, des spécimens sont exposés dans des vitrines pour montrer que les soldats n’ont pas juste été fabriqués à la chaîne. En fait, il y a des archers, des fantassins, des cavaliers, et même les grades sont respectés. D’ailleurs, plus le grade est élevé, plus le ventre est marqué, et plus la moustache est travaillée. Les Généraux ont donc un ventre un peu rond et une belle moustache.



Ce qui est marquant c’est que tous les visages sont différents. Certains ont même des expressions particulières.



Incroyable également, à l’origine, chaque soldat avait une arme véritable. Certains étaient en plus sur des chariots en bois rattachés aux chevaux.


Les corps et les têtes ont été faits séparément, c’est pourquoi parfois ont peut observer un régiment entier...sans tête.


Le deuxième site sur lequel je me rends est plutôt petit, il abritait la garde rapprochée de l’Empereur. On y trouve donc des soldats gradés.


Puis, j’arrive sur le dernier site, le plus grand. C’est un immense hangar divisé en deux. Une partie qui sert à répertorier les soldats. Je ne sais pas comment cela fonctionne mais je pense que les derniers découverts sont alignés pour être étudiés.



L’autre partie est plus authentique. On peut voir où le puit a été creusé, et les soldats autour. Une fois que l’on se trouve face à cette armée, c’est très impressionnant. On les croirait en attente de leurs ordres, prêts à agir.



On peut passer beaucoup de temps à les contempler tant ils sont tous différents.


A l’image de la Muraille de Chine, il s’agit encore d’un projet complètement démesuré, a priori typique de cette époque.

A la fin de la visite, un petit film est projeté, retraçant l’histoire de ces soldats. J’ai pas les mots pour exprimer le ridicule de cette partie de la visite. Le film est tellement vieux que je me suis demandé s’il n’avait pas été tourné directement à l’époque. La projection est censée se faire à 360 degrés sur une dizaine d’écrans autour de nous, sauf que la projection de l’image n’est pas alignée sur les écrans. Donc on ne voit que des mortiers d’image et des barres verticales noires. Mais alors le meilleur je pense que c’est la bande son...seulement les bruits de l’action ! Pas de musique, pas de dialogue, pas de voix off. Au final je ne sais pas ce qui est le plus surprenant, ce film inattendu, le fait que des gens le regardent à priori sans rien trouver d’anormal, ou alors ce touriste chinois qui film le film ?!

Pour me remettre de mes émotions j’ai droit à une dégustation de thé, réputé dans cette région. Il s’agit d’un vrai rituel. Chaque thé a une vertue particulière. Un bon moment.


Après la Muraille de Chine et la Cité Interdite, j’ai découvert une autre preuve de la tendance à la démesure de l’Empereur de l’époque, avec un point commun au trois : assurer la protection.

Pékin - La Cité Interdite

Me voilà en route pour la Cité Interdite. Son nom vient du fait qu’elle était inaccessible pendant cinq siècles, et quiconque y entrait sans autorisation était exécuté sur-le-champ (à l’époque, avocat devait être une situation très précaire).

On entre, dans un flot incessant de personnes, par la porte qui était réservée à l’Empereur. En arrivant dans la première cour je constate qu’il y a actuellement des travaux et que c’est un peu laborieux en terme de signalisation. Je vois des gens faire la queue partout mais pas dans la même direction. De toute façon on fait tellement souvent la queue ici que je les soupçonne d’en créer qui ne mènent à rien...juste pour le plaisir (en cercle peut-être ?). Après un premier échec je finis par trouver la bonne file.


J’imaginais déjà cette Cité très grande, mais en fait c’est encore plus que ça. C’est une vraie ville dans la ville. L’architecture est très particulière. Ce sont les toits, très travaillés, qui attirent le plus l’oeil, ainsi que les grandes esplanades en pavé...je sens que je vais encore marcher des kilomètres.




Il y a beaucoup de détails auxquels on pourrait ne pas prêter attention mais qui ont en fait un vrai sens. Comme ces petites figurines sur les toits qui sont les gardiens des toits, ou encore ces gargouilles à tête de dragon.



Les cours qui se succèdent ont chacune une utilisation bien précise. Pour faire simple, plus on est gradé ou proche de l’Empereur, plus on peut passer de portes : porte du Midi, porte de l’Harmonie Suprême, porte de la Pureté Céleste. Les derniers pavillons étant donc réservés à un cercle très fermé.






Autour de ces grandes cours, on trouve plusieurs quartiers, dont des habitations, une caserne, mais également un opéra. Ce dernier, sur trois niveaux, est très travaillé. Il y a des trappes un peu partout pour faire apparaître les acteurs, ainsi que des systèmes de poulies qui leur permettaient de faire descendre des figurants sur des trapèzes. Kamel Ouali n’a qu’à bien se tenir.


Dans un des quartiers réservés à l’Empereur on peut observer le mur des Neufs Dragons, censé chasser les mauvais esprits.


Au nord de la Cité se trouve le Jardin Impérial. Un havre de paix j’imagine, car si c’est très joli, c’est avant tout le repère des selfies-sticks, ceux-là même qui hantent mes nuits !


En ressortant par la porte nord on rejoint le parc Jingshan appelé également « La Colline de Charbon ». En atteignant le sommet de cette petite colline on peut voir toute la Cité Interdite ainsi que certains quartiers de Pékin.



Une très belle visite qui vaut le détour au moins autant que la Grande Muraille.


jeudi 9 juin 2016

Pékin

Ça y est j’ai quitté la Chine continentale et je retrouve la liberté d’aller sur Internet au complet, et surtout de mettre à jour mon blog. Je vais donc tenter de retracer ces quelques derniers jours, tous très différents.

C’est donc à Pékin que je pose mon premier pied en Chine. En arrivant je suis surpris par le ciel bleu et l’absence totale d’agitation et de pollution. D’après ce que l’on m’a dit les pics de pollution arrivent plutôt en hiver. D’ailleurs la très grande majorité des deux roues sont électriques et ne polluent donc pas. C’est donc plutôt une bonne surprise.

Je ne peux pas dire que les gens soient accueillants ni désagréables. En fait ils ont les yeux rivés sur leur téléphone, je n’avais encore jamais vu ça ailleurs, c’est complètement hallucinant ! Toutes les générations sont touchées. Dans le métro, dans les files d’attente, même  en marchant dans la rue, j’ai évité un paquet de collisions (mais comment s’évitent-ils entre eux ?!). Au restaurant c’est la même chose, j’ai très fréquemment vu des tables de 4 à 6 personnes, chacun sur son téléphone, je suis sûr que parfois ils oublient de commander. J’ai été pris d’un fou rire en voyant passer un bus dont le conducteur regardait et tenait son téléphone à deux mains en roulant, on a l’impression que personne n’est au volant ! En fait j’ai évolué dans une ville de zombies. A tel point que tous ont une batterie externe leur permettant de charger 2 à 3 fois par jour. Et tout ça dans un pays où 90% des sites Internet que nous connaissons sont bloqués. Le jour où ils ouvrent les vannes ils vont se mettre sous perfusion.

Bref, je commence ma visite par la très célèbre Place Tian’Anmen. C’est la plus grande place publique du Monde...« publique » ? En fait l’Etat y exerce un contrôle très poussé. Il faut passer une sécurité pour y entrer, il y a des gardes et des caméras partout, on ne se sent pas vraiment détendu. D’ailleurs, il n’y a aucun banc pour se poser, on est donc juste de passage. Au sud de la place on trouve la Tour de la Flèche anciennement reliée à une autre porte par une enceinte.


Puis, derrière ces statues se trouve le mausolée de Mao Zedong dont la dépouille embaumée est encore visible...je ne suis pas allé vérifier (dans une ville de zombies il vaut mieux éviter ce genre de rencontres).



Au nord se situe une des portes d’entrée à la Cité Interdite.



Pour le reste,  la place est entourée de bâtiments étatiques de forte inspiration soviétique. C’est tellement grand que cela paraît vide, à vrai dire c’est un peu froid. Au coucher du Soleil je tombe par hasard pendant la cérémonie de la descente du drapeau. Encore une fois, une sécurité complètement démesurée. A tel point que je m’attendais à un événement incroyable, comme l’arrivée de quelqu’un d’important, surtout quand les gens ont commencé à pousser des cris et prendre 10 photos à la seconde. Imaginez ma déception quand ils ont plié le drapeau et que tout le monde est reparti.



Le soir je prends la direction de Wangfujing street, l’équivalent de nos Champs Elysées en beaucoup plus petit mais tout aussi éclairé.



Dans cette rue j’avais lu qu’on pouvait se faire accoster par des filles qui vous emmènent ensuite dépenser beaucoup d’argent dans des lieux très chers. Ça n’a pas loupé. C’est même arrivé plusieurs fois par jour. Ca commence toujours par : « Where are you from ? ». Les premières fois, voulant rester poli, je répondais, puis il me fallait des heures pour m’en décoller. Les fois suivantes, à la question : « Where are you from ? » je répondais : « Yes I’m from », avec un sourire un peu niais. Elles ont vite compris que ça allait être compliqué.

Perpendiculaires à cette rue il y a les « hutongs », de petites ruelles dessinées par des murs entourants des petits lots de maisons. D’ailleurs il y en a un quartier entier au nord. Mais il y a aussi des marchés, très animés le soir.


On y trouve de tout, y compris des insectes encore vivants sur la brochette. Ils sont ensuite plongés dans la friture brûlante. En discutant avec des Chinois j’ai appris que c’était en fait pour les touristes car les locaux n’en mangent pas. Seule une petite minorité, plutôt au sud de la Chine, mangent ce genre de choses. Devant ces stands c’est le paradis du Selfie Stick, la prochaine fois j’y vais avec un casque.





Il y a beaucoup de choses à voir et à faire à Pékin, pour faire court voici deux des sites à ne pas rater. D’abord, le Parc du temple du Ciel au sud, conçu selon les principes de la pensée confucéenne. Tout est très droit et symétrique, comme parfaitement maîtrisé. Les allées sont très grandes et surtout très longues. Je n’avait pas prévu de marcher autant, j’étais venu me poser, je suis réparti sur les rotules.









Puis il y a le Palais d’Eté au nord. Là aussi il s’agit d’un énorme parc entourant un grand lac. C’était a l’origine un simple parc impérial qui fut ensuite agrandi et amélioré. On y trouve des temples, de jolis ponts, et même un bateau en marbre. Bien-sûr il ne flotte pas.





C’est très reposant, les habitants de Pékin viennent y passer la journée, à se promener et faire du pédalo.





Parmi les sites incontournables il y a évidemment la Cité Interdite dont je décrirai la visite dans un article à part.


jeudi 2 juin 2016

Pas de nouvel article avant le 8 Juin !

Malheureusement, la Chine aura eu raison de moi. Il m'est impossible de charger des photos. Il faut savoir que la Chine se méfie beaucoup d'Internet et par conséquent la plupart des sites que nous utilisons en Europe sont bloqués ou ralentis (même en passant par VPN), et Picasa dont je me sers pour mon blog en fait partie. Il faudra attendre mon arrivée à Hong Kong (qui ne bloque rien) le 8 Juin pour connaître la suite de mes aventures !